L’entretien de notre flore

Nous le savons tous maintenant, la santé de notre flore intestinale est d’une importance capitale dans le maintien d’une bonne santé. Nommé également depuis peu « microbiote », cette flore abrite l’ensemble des micro-organismes de nos intestins.

En terme général, l’estomac ne contient pas de cette flore : ayant une forte acidité, une barrière se crée avec les bactéries présentes dans l’alimentation. Quant à lui, l’intestin grêle contient peu de flore et le gros intestin (côlon et rectum) en contient la plus abondante quantité.

Pour expliquer la flore idéale, il faut surtout retenir qu’en réalité il n’existe pas une seule flore équilibrée. Il s’agit en fait d’un écosystème vivant qui s’adapte quotidiennement aux habitudes alimentaires de chacun. Les recherches actuelles montrent qu’il existe chez l’humain des variétés de flores dominantes comme il existe des groupes sanguins dominants, et ce, depuis la préhistoire.

Pour donner une idée en poids et en nombre, la flore intestinale représente une masse d’environ 2 kg chez un adulte et le nombre de micro-organismes y est 10 fois plus élevé que le nombre de cellules qui composent le corps humain.

La flore s’adapte à son environnement et nous pouvons distinguer différents types de flores:

  • La flore de fermentation
    Nécessaire à la digestion des sucres, cette flore peut devenir excessive si nous mangeons trop de sucres. Il découle de la flore de fermentation une production de gaz peu odorants (hydrogène et méthane).

  • La flore de putréfaction
    Nécessaire à la digestion des protéines, la flore de putréfaction peut devenir excessive en cas d’apport protéique trop élevé (chez les gros mangeurs de viandes, à titre d’exemple). Elle est à l’origine des gaz malodorants et également de certains composés fortement toxiques. Le lien entre une alimentation trop riche en viande et un risque plus élevé de cancers est bien établi depuis longtemps.

  • Un milieu trop acide
    Un milieu trop acide favorise le développement de champignons microscopiques. Le plus connu de ces champignons est le Candida Albicans responsable des candidoses (infections) digestives, génitales, etc. Ce champignon se développe de façon gênante à partir d’un pH égal ou inférieur à 5. Ces micro-organismes ont la particularité de sécréter une substance qui passe dans le sang et qui va induire, au niveau du cerveau, une forte attirance pour le sucre qui est indispensable à leur prolifération. On voit ici un bel exemple de parasitisme. Le seul moyen de se débarrasser de ces hôtes indésirables est de faire remonter le pH au-dessus de 6. Il faut comprendre qu’ils réapparaîtront si le pH redescend (acidose).

Notre flore ne se limite pas qu’au système digestif. Nous avons en effet différents types de flores : buccale, génitale, peau, etc. Tout déséquilibre du milieu intérieur apporte des modifications de ces écosystèmes microbiens. Il nous suffit de penser à l’acné, aux mycoses génitales, à la transpiration avec une odeur âcre; toutes ces manifestations sont dues à un milieu trop acide.

Le rééquilibrage de nos flores, éléments indispensables à une bonne santé, dépend de plusieurs paramètres:

  • Un pH neutre est la condition préalable. Prendre des probiotiques sans corriger une acidose est voué à l’échec. N’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé pour voir de quelle façon au quotidien vous pouvez adopter une alimentation alcalinisante et apprendre certaines techniques comme les respirations profondes qui aident à rétablir un pH idéal. Nous avons également, en magasin, des tests de pH urinaire.

  • Il faut aussi fournir aux bonnes bactéries ce dont elles ont besoin. Elles ont besoin entre autre de fibres alimentaires, qui font beaucoup défaut dans l’alimentation moderne, et qui sont principalement fournies par les fruits et légumes. Les bonnes bactéries ont besoin aussi de bons acides gras, en particulier les oméga-3 disponibles dans l’alimentation, mais également en compléments liquides ou en gélules. Des sucres prébiotiques, comme l’inuline, apportés par les végétaux et des céréales fermentées très riches en substances nutritives sont aussi utiles à la flore saine. Il faut donc comprendre qu’il est essentiel de consommer prioritairement des végétaux.

Lorsque toutes ces conditions sont respectées, il devient alors intéressant de prendre des probiotiques afin d’accélérer le réensemencement de l’intestin par les bonnes souches bactériennes. Il est à noter que certains probiotiques sont enrobés afin de libérer progressivement leur contenu dans l’intestin. Ils sont intéressants car ils peuvent se conserver à température ambiante et être pris sans horaire précis.

Si vous ressentez des symptômes gênants, c’est que les probiotiques sont pris trop tôt et que votre muqueuse intestinale est encore micro-poreuse. Ce terme signifie que la muqueuse, exposée à trop d’acidité, présente une multitude de petits trous qui laissent passer directement dans le sang les probiotiques au lieu de les retenir pour qu’ils colonisent l’intestin. Il faudra alors travailler à rétablir un bon pH et combler le manque de fibres, de prébiotiques, d’oméga-3, etc.

Pourquoi les probiotiques ne fonctionnent pas efficacement si nous ne respectons pas les critères cités précédemment? Tout simplement parce que ces probiotiques ne parviendront pas à coloniser l’intestin. Ils seront, par exemple, étouffés par les champignons qui y sont présents. Par ailleurs, si nous respectons ces critères, les bonnes bactéries dont nous sommes tous porteurs reprendront leur place.

Je terminerai avec ce petit conseil sur le rééquilibrage de nos flores ! Quelques fois, les effets toxiques des métaux lourds perturbent les micro-organismes, notamment les micro-organismes intestinaux. Si vous avez tenté plusieurs prises de probiotiques, que votre pH est bon, que vous mangez beaucoup de végétaux (alimentation alcalinisante) en plus de faire vos respirations profondes et de prendre vos oméga-3 mais que rien ne change, il faudrait penser à opter pour une chélation des métaux lourds. Il s’agit de rechercher leur présence et ainsi pouvoir les éliminer.

Chantale Villeneuve Naturopathe 

Chantale est diplômée en Naturopathie de l’Institut de formation Naturopathique du Québec, membre du Collège des naturopathes du Québec, de l’Association Internationale de Naturopathie Hygionomiste et membre praticienne de la société Éduco Santé.

Important : ce document offre des informations et des pistes de santé intéressantes mais ne peut servir en aucun cas d’outil diagnostique. Pour toute condition préoccupante, en référer rapidement à un médecin pour un diagnostic précis et les soins appropriés à la sévérité du cas.

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