La maladie de Lyme : être vigilant

La maladie de Lyme (ou borréliose de Lyme) est une maladie qui touche de plus en plus de nord-américains et est désormais très commune en Europe. En fait, elle est devenue la maladie transmissible la plus importante dans le monde, faisant 6x plus de victimes que le SIDA selon l’association québécoise de la maladie de Lyme. Le réchauffement climatique permet dorénavant à cette tique de s’installer au Québec; elle est implantée dans le sud et remonte progressivement vers le nord. Les animaux sauvages (orignaux, caribous, chevreuils) de notre région sont de plus en plus affectés par les tiques selon les rapports des agents de la Faune.

Cette maladie est transmise par la morsure d’une tique infectée par la bactérie Borrelia burgdoferi. La tique passe d’un hôte à un autre: animaux à sang chaud des forêts et des campagnes, oiseaux, animaux de compagnie et humains. Ce faisant, elle propage la bactérie et potentiellement d’autres agents infectieux (bactéries et virus), ce qui accroît la diversité des symptômes et complique l’établissement d’un diagnostic clair. De plus, ces co-infections sont plus difficiles à traiter et compromettent fortement la santé, la vitalité et la capacité du corps à se défendre. Les personnes très atteintes peuvent même devenir incapables de se déplacer et de travailler.

Il est donc très important de reconnaître les premiers manifestations car il faut agir tout de suite. Le médecin traitant obtiendra de bien meilleurs résultats avec les antibiotiques dès les premiers signes. Quels sont-ils ?

D’abord une rougeur en anneau, comme une cible, qui s’agrandit (30-50% des cas). Comme le système immunitaire entre en action, la personne pourra ressentir aussi: fatigue, frissons, fièvre, mal de tête, douleurs musculaires et articulaires. Il pourrait également y avoir des ganglions lymphatiques enflés à proximité. Il faut savoir que la tique n’est pas toujours visible (stade de nymphe) ou n’est pas remarquée: la morsure est sans douleur.

Le 2e stade: la maladie de Lyme disséminée peut présenter les symptômes suivants: éruptions cutanées, fatigue et faiblesse, palpitations cardiaques, symptômes arthritiques ou neurologiques. 3e stade: si l’infection n’est pas éradiquée ou qu’un autre agent infectieux (virus) est présent, les symptômes risquent de s’aggraver et de se diversifier avec le temps. Dans certains cas, il peut ne pas y avoir de symptômes pendant quelques mois, jusqu’à ce qu’un déclencheur (stress, maladie, trauma, grossesse) affaiblisse le système immunitaire et que l’agent infectieux ait le champ libre. La maladie de Lyme, non-repérée à temps ou insuffisamment traitée, peut entraîner les diagnostics suivants à long terme: fatigue chronique, fibromyalgie, lupus, tics, arthrite rhumatoïde et bien d’autres, notamment au niveau de la peau et du système nerveux.

Au niveau des soins naturels, il est possible de soutenir le corps et le système immunitaire mais l’action est encore très limitée. De nouvelles pistes sont explorées, particulièrement en Europe (ondes de basse fréquence par exemple). Les antibiotiques sont clairement la meilleure option, dès les premiers symptômes.

Alors la vigilance est de mise ! se couvrir en nature, au moins les jambes et les pieds et utiliser un répulsif. Au retour ou pendant l’activité, prendre le temps d’inspecter les zones de piqûres ou de démangeaisons sur la peau. Utiliser une loupe au besoin. S’il apparaît une rougeur en anneau ou plusieurs des premiers signes, consulter immédiatement votre médecin. Les vêtements clairs permettent de mieux repérer les tiques. Porter aussi attention à vos animaux de compagnie; s’ils se grattent, prenez le temps de vérifier leur peau. Ils peuvent ramener une tique à la maison, qu’il sera bien important d’éliminer.

La tique reste longtemps sur le corps. Elle cherche un endroit propice de peau exposée, pique, sécrète une substance pour bien s’accrocher puis commence à se nourrir en aspirant le sang. Le tout nécessite bien plus de temps qu’un moustique, quelques heures en fait. Le temps qu’il faut pour éviter le pire !

Pour enlever une tique, ne tirez pas sur le corps, la tête pourrait rester logée dans la peau. Il ne s’agit pas de la brûler ou de l’asphyxier. Il suffit de l’enlever délicatement avec une pince à épiler en prenant tout le corps et SURTOUT les pièces buccales. Tirer lentement, sans la tourner. Une pince spéciale, un «tire-tique», peut être vendue dans les magasins de sport et plein-air. Elle sera plus efficace si la peau est enflée autour de la tique. D’autres trucs intéressants sont décrits dans le site de la Fondation canadienne de la maladie de Lyme. Une suggestion à base de savon semble aussi bien fonctionner si le matériel nécessaire n’est pas disponible : voir https://kitkatandco.wordpress.com/2013/09/07/les-tiques-une-super-astuce-pour-les-enlever/.

Ce ne sont pas toutes les tiques qui sont porteuses. Il existe une quarantaine d’espèces de tiques au Canada et beaucoup moins dans notre secteur. Auparavant, la rusticité de nos hivers suffisait à les tenir à distance. La plus susceptible de véhiculer et transmettre la bactérie Borrelia burgdoferi dans la région est la tique du chevreuil, qui peut se retrouver sur tout animal à sang chaud dans le même secteur. Pour une image de cette tique, cliquez ici. Évidemment, si vous êtes en voyage dans le sud de la province, ailleurs au Canada, aux États-Unis et en Europe, adoptez les mesures de protection adéquates.

Les tiques infectées sont encore peu répandues au Saguenay mais progressent peu à peu vers le nord. Évitons-les au maximum pour ne pas risquer des problèmes de santé potentiellement graves !

Pour en savoir plus sur cette maladie, visitez le site de l’Association québécoise de la maladie de Lyme (http://aqml.ca/maladie-de-lyme) ou celui de la Fondation canadienne de la maladie de Lyme (http://canlyme.com/fr). Voir aussi le portail santé Québec (http://sante.gouv.qc.ca/problemes-de-sante/maladie-de-lyme) et le programme québécois de surveillance (https://www.inspq.qc.ca/zoonoses/maladie-de-lyme).